Étude de la limitation des pertes énergétique en résidence : Méthodologie de collecte des données

Envoyé par le 7 Nov 2019

Étude de la limitation des pertes énergétique en résidence : Méthodologie de collecte des données 

 

Cet article présente le déroulement de la recherche sur le terrain et la rencontre avec les parties-prenantes de notre projet. Les verbatims significatifs des entretiens passés et les compte-rendu d’observation seront également présentés.

Article rédigé par : Anass BENFATHALLAH, Jean GUILLAUME, Emile LALO, et Eric TOBITT

 

Afin de pouvoir mieux identifier les problèmes en résidence étudiante pour pouvoir identifier un besoin et formuler correctement la problématique, nous avons été amené à collecter diverses informations sur le terrain. La collecte de ces informations s’est fait via diverses sources de données :

  • Un premier entretien avec MM. Patrice ORUE et Pascal CHARLES, directeur et responsable de la Maison des élèves IMT Atlantique à Brest afin d’obtenir des informations sur les différents problèmes de pertes énergétiques existants dans la résidence. (Voir Annexe 1)
  • Un second entretien avec M. Patrice ORUE, directeur de la Maison des élèves IMT Atlantique à Brest, afin d’obtenir des premières réactions sur certaines pistes de solutions, ainsi que nous informer sur les solutions existantes en résidence.
  • Un appel téléphonique avec “Bâtiment et techniques”, une entreprise de conseil en efficacité énergétique des bâtiments. Cet appel avait pour but de nous renseigner sur les dispositifs existants dans les nouveaux bâtiments permettant des économies d’énergie et d’évaluer à quel point ces solutions connectées sont utilisées aujourd’hui.
  • Un questionnaire envoyé à un panel de résident (notamment de résident de la Maisel de Brest) afin d’être informé sur les  habitudes de consommation énergétique des élèves.

De ces différentes sources de données nous avons cherché à identifier plusieurs problèmes et récupérer des réactions sur d’éventuelles solutions. Afin de bien comprendre la réflexion que nous avons eu, une première partie rendra compte des verbatims les plus significatifs que nous avons relevé lors de ces entretiens.

 

Les verbatims les plus significatifs 

Le premier entretien (voir Annexe 1.) avec la Maisel que nous avons eu nous a permis d’identifier plusieurs problèmes de pertes énergétiques existants à la Maisel. Voici les verbatims importants que nous avons relevé.

[Question : Avez-vous relevé des problèmes de sur-consommation à la Maisel ? ]

  • “irrespect dans la manière de consommer des étudiants”
  • “charges incluses […] implique une consommation sans gêne”
  • “ laissent la fenêtre de leur logement ouverte en même temps que le chauffage”

[Question : Avez-vous connaissance de certains problèmes liés à des pertes énergétiques ? ]

  • “Il est compliqué pour nous d’estimer les pertes énergétiques”
  • “trouver une solution adaptable aux bâtiments de la Maisel déjà construits”

 

[Question : Quelles solutions avez-vous envisagé pour régler ce problème de pertes énergétiques ? ]

  • “Nous avons installé […] un régulateur sur les radiateurs permettant de repérer les chutes de température”

 

Ce premier entretien nous a permis de comprendre quelles étaient les sources de pertes énergétiques au sein de la Maisel. En effet la consommation non réfléchie des étudiants ainsi que des équipements anciens et non adaptés sont les principaux responsables de la sur-consommation d’énergie. Cet entretien nous a également permis d’identifier un premier besoin dans les résidences étudiantes qui est de pouvoir estimer ces pertes énergétiques afin de mieux contrôler la consommation.

 

Le second entretien (voir Annexe 2.) est venu en complément du premier. Il nous a permis d’une part, d’identifier les solutions existantes à la Maisel pouvant répondre à notre problématique, et d’autre part d’obtenir une première réaction sur les solutions que l’on pourrait proposer. Voici les verbatims importants que nous avons relevés :

[Question : Seriez-vous intéressé de pouvoir  mesurer la consommation énergétique pour chaque chambre ?]

  • “les solutions de ce type que nous avons envisagées jusqu’à présent impliqueraient d’énormes travaux et donc  d’énormes coûts.”
  • “Cette solution permettrait de sensibiliser un peu plus les étudiants”

[Question : Êtes-vous prêt à dépenser plus pour l’écologie ?]

  • “en considérant le contexte économique, il est très compliqué d’augmenter le budget”

[Question : Pourquoi les fenêtres restent ouvertes alors que le chauffage est allumé ? ]

  • “ la majeure partie des chauffage ne sont pas réglables […] Pour remédier à cela, nous avons prévu d’installer des robinets thermostatiques sur les chauffages permettant le contrôle de la température du logement.”

[Question : Êtes-vous prêt à payer, avec un retour sur investissement à moyen terme, pour une solution innovante de limitation des pertes énergétiques ? ]

  • “il pourrait être intéressant d’avoir des propositions de projets innovants au moment des rénovations”
  • “un projet d’installation de panneaux solaires sur les bâtiments i12 et i4 a été adopté. Les panneaux solaires ne sont pas rentables et consomment plus que ce qu’ils produisent.”

[Question : Quelle mesures ont été prises par la Maisel pour lutter contre les pertes énergétiques dans les bâtiments ?]

  • “projet de calorifugation des tuyaux d’eau chaude pour limiter les pertes d’énergies avec l’extérieur”
  • “Un système de relevé des compteurs mensuel permettant un suivi des consommation et d’identifier les anomalies de consommation”
  • “Nous avons installé des réducteur de pression “

Ce second entretien nous à permis d’identifier d’autres solutions existantes au sein de la résidence, ainsi que d’évaluer la réaction du directeur de la résidence face aux nouvelles solutions proposées. Les nouveaux problèmes qui ont été remontés lors de cet entretien, nous ont éclairés sur le type de fonctionnalité  qu’il était important d’inclure dans notre produit final.

 

L’entretien téléphonique avec “Bâtiment et Techniques” (Annexe 3) avait pour but d’identifier les types solutions connectées les plus utilisés en pratique pour lutter contre les déperditions énergétiques et la place occupée par ces solutions parmi les conseils donnés par une entreprise spécialisée en efficacité énergétique des bâtiments.

[Question : Quelles solutions existent actuellement pour aider à limiter les pertes énergétiques et en particulier les solutions à partir de capteurs ?]

  • RAS

[Question : Oui mais pour contrôler les déperditions ? Si par exemple quelqu’un laisse la fenêtre ouverte, peut-on détecter à l’aide de capteurs qu’il y a de grosses pertes pour ensuite alerter (l’utilisateur par exemple)?]

  • “capteurs de température”
  • “interagir avec les radiateurs”
  • “capteurs qui détectent l’ouverture des fenêtres”

[Question : Cela vous arrive souvent de mettre en place de telles solutions chez vos clients ?]

  • “ces solutions existent vraiment”
  • “Ce qui importe avant tout c’est de limiter les pertes énergétiques grâce aux choix de construction (type d’énergie utilisée, matériaux, …)”

[Question : Cela arrive-t-il souvent que vos clients viennent vous demander de l’aide pour contrôler leurs pertes énergétiques dans le but de les réduire ?]

  • “nos clients […] paient leurs charges en fonction de leur consommation”
  • “envisageable pour de l’habitat collectif”

Il en ressort que des capteurs usuels sont les capteurs de température et d’ouverture des fenêtres et que ces solutions connectées ne sont pas dans les conseils privilégiés par cette entreprise, même pour de l’habitat collectif. En effet, les solutions de type ‘une fois pour toutes’ semblent préférées à celles de suivi régulier.

 

Compte-rendu  des données quantitatives récupérées via le questionnaire envoyé 

 

L’idée de ce questionnaire (Voir Annexe 4) était de faciliter la définition du persona “résidant étudiant” en cherchant à quantifier les habitudes des résidents de la Maisel en terme de consommation énergétique. Ce questionnaire nous a permis d’identifier les point importants suivants ;

  • Une grande majorité sont sensibles à l’écologie et pensent que des efforts en terme de consommation énergétique sont à faire à la Maisel
  • Seulement une minorité des étudiants sont prêt à payer plus pour réduire leur impact environnemental
  • Une majorité n’est pas favorable de payer pour ce qu’ils consomment. On peut penser que les résidents non favorables pensent consommer en excès ce qui explique qu’ils préfèrent payer un forfait.

 

Exploitation des données récupérées

L’ensemble des données récupérées via les différents entretiens et le questionnaire nous ont donné des orientations en ce qui concerne la conception d’un point de vue utilisateur grâce au entretient avec la Maisel, mais également technique grâce à l’entreprise Bâtiment & Technique qui nous a informé des technologies existantes et disponibles à l’installation en terme d’économie d’énergie.

Voici les différentes directions que nous avons décidé d’adopter suite au recueil de ces données :

  • Une solution sans coûts excessifs, permettant une réduction de la consommation
  • Un système de facturation par logement pourrait permettre une baisse de la consommation
  • Une interface utilisateur permettant la sensibilisation à la sur-consommation des résidents
  • Une solution utilisant notamment des capteurs de température, d’ouverture, et de lumière

La récupération de ces données s’est également avérée utile pour la rédaction des différents personas (Voir l’article “personas”)

 

Annexe 1 : Premier entretien avec MM. Patrice ORUE et Pascal CHARLES, Directeur et responsable de la Maison des élèves IMT Atlantique à Brest

 

Avez-vous relevé des problèmes de sur-consommation à la Maisel ?

 

Oui nous avons remarqué un problème d’irrespect dans la manière de consommer des résidents. La formule “charge incluse” que nous proposons implique une consommation sans gêne des étudiants.  Nous avons aussi remarqué un problème au niveau des départ en vacance, ou il arrive que les élèves laissent la fenêtre de leur logement ouverte en même temps que le chauffage des chambres et des pièces communes continuent de tourner. 

Pour certains logements, les radiateurs chauffent en fonction d’une température à atteindre. Il arrive que les étudiants sur-évaluent leur température de confort et entraîne une surchauffe du logement. 

 

Avez-vous connaissance de certains problèmes liés à des pertes énergétiques ?

 

Il est compliqué pour nous d’estimer les pertes énergétiques par les fenêtres car leurs données se perdent dans la masse et nous ne disposons pas de capteurs individuels pour chaque logement. Ces pertes énergétiques sont un réel problème, et il faudrait trouver une solution adaptable aux bâtiments de la Maisel déjà construits.

 

Quelles solutions avez-vous envisagé pour régler ce problème de pertes énergétiques ?

 

Nous disposons d’un système permettant de minimiser l’impact des fenêtres restés ouvertes. Nous avons installé, dans certains logement, un régulateur sur les radiateurs permettant de repérer les chutes de température, et donc d’arrêter de chauffer. Malheureusement ce système n’est pas disponible sur l’ensemble des radiateurs.

 

Annexe 2 – Le second entretien avec M. Patrice ORUE, Directeur de la Maison des élèves – IMT Atlantique – Brest

 

Seriez-vous intéressé de pouvoir  mesurer la consommation énergétique pour chaque chambre ?

Oui cette solution est très intéressante. Malheureusement, les solutions de ce type que nous avons envisagées jusqu’à présent impliqueraient d’énormes travaux et donc  d’énormes coûts. Cette solution permettrait de sensibiliser un peu plus les étudiants à leur consommation. Nous avons constaté plusieurs problèmes tel que les fenêtres ouvertes en même temps que le chauffage est allumé ou les lumières allumées sans personne dans le logement.

Êtes-vous prêt à dépenser plus pour l’écologie ?

Dans le contexte écologique actuel, il est important de faire des efforts à ce niveau là. Cependant, en considérant le contexte économique, il est très compliqué d’augmenter le budget. Uniquement sur le campus de Brest, les charges énergétiques s’élèvent à 78 k€ pour le gaz, 120 k€ pour l’électricité, 57 k€ pour l’eau. 

Pourquoi les fenêtres restent ouvertes alors que le chauffage est allumé ?

Il y a plusieurs raisons. D’une part les étudiants sont très peu sensibilisé à leur consommation d’énergie ce qui les entraîne à agir sans se soucier du gâchis d’énergie. D’autre part la majeure partie des chauffages ne sont pas réglables. Il arrive donc que les logements soient surchauffés, et que les étudiants ouvrent donc la fenêtre. Pour remédier à cela, nous avons prévu d’installer des robinets thermostatiques sur les chauffages permettant le contrôle de la température du logement

Êtes-vous prêt à payer, avec un retour sur investissement à moyen terme, pour une solution innovante de limitation des pertes énergétiques ?

Oui nous sommes ouverts à toutes propositions d’amélioration des logements. Des projets de rénovation sont actuellement en cours pour les bâtiments i1, i2, i3, i5, i6, et i7 et il pourrait être intéressant d’avoir des propositions de projets innovants au moment des rénovations. Cependant des projets ont déjà été soumis et adoptés par la Maisel ces dernière années qui se sont avérés non rentables. Par exemple un projet d’installation de panneaux solaires sur les bâtiments i12 et i4 a été adopté. Les panneaux solaires ne sont pas rentables et consomment plus que ce qu’ils produisent.

Quelle mesures ont été prises par la Maisel pour lutter contre les pertes énergétiques dans les bâtiments ?

Oui plusieurs mesures ont été prises. Nous sommes actuellement en train de mettre en place un projet de calorifugation des tuyaux d’eau chaude pour limiter les pertes d’énergies avec l’extérieur. 

La construction du bâtiment i12 datant de 2012 et labellisé Bâtiment Basse Consommation. Il a été construit en bois afin d’être bien isolé, les installations électriques et d’approvisionnement en eau ont été pensées pour être peu consommatrices en énergie. 

Un système de relevé des compteurs mensuel permettant un suivi des consommation et d’identifier les anomalies de consommation. Par exemple un bâtiment qui était fermé et sans résident est resté avec un robinet ouvert. Nous avons pu l’identifier à la fin du mois sur le relevé des compteurs.

Nous avons installé des réducteurs de pression sur les robinets ainsi que sur les pommeaux de douche afin de réduire les débits d’eau.

 

Annexe 3 – Entretien téléphonique en appelant le standard de “Bâtiment et Techniques”, entreprise de conseil en efficacité énergétique de bâtiments

J’ai commencé par leur décrire le contexte qui nous intéresse : Nous cherchons à aider les résidences d’habitat collectif à limiter leurs pertes énergétiques. Nous nous intéressons aux résidences où le chauffage est collectif : les résidents ne paient pas leurs charges directement mais tous paient le même loyer. J’ai même été jusqu’à donner l’exemple des femmes de ménages qui laissent parfois les fenêtres ouvertes dans les espaces communs.

Quelles solutions existent actuellement pour aider à limiter les pertes énergétiques et en particulier les solutions à partir de capteurs ?

Il y a de nombreuses solutions existantes : des capteurs thermiques et solaires en particulier…

Oui mais pour contrôler les déperditions ? Si par exemple quelqu’un laisse la fenêtre ouverte, peut-on détecter à l’aide de capteurs qu’il y a de grosses pertes pour ensuite alerter (l’utilisateur par exemple)?

Oui bien sûr, il y a des capteurs de température qui détectent les chutes de température. De tels capteurs peuvent interagir avec les radiateurs et leur communiquer d’arrêter de chauffer lors d’une chute de température. Il y a aussi des capteurs qui détectent l’ouverture des fenêtres.

Cela vous arrive souvent de mettre en place de telles solutions chez vos clients ?

Parfois; en tous cas, ces solutions existent vraiment. Ce qui importe avant tout c’est de limiter les pertes énergétiques grâce aux choix de construction (type d’énergie utilisée, matériaux, …).

Cela arrive-t-il souvent que vos clients viennent vous demander de l’aide pour contrôler leurs pertes énergétiques dans le but de les réduire ?

Non car nos clients, pour la plupart, paient leurs charges en fonction de leur consommation. Par contre, c’est tout-à-fait envisageable pour de l’habitat collectif.

 

Annexe 4 – Questionnaire étudiant 

Le questionnaire était composé de 5 questions permettant d’évaluer le point de vue des résidents vis-à-vis de la consommation d’énergie. Nous avons obtenu 32 réponses. Les résultats sont présentés sous forme de diagramme circulaire.

 

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