Clean’MT

Envoyé par le 29 Mai 2026

Clean’MT – Projet PRONTO

Joe El-Hajj, Baptiste Garnier, Quentin Thubert, Mathéo Vignaud

Une situation problématique

Chaque résident de l’IMT Atlantique, campus de Brest, connaît cette situation : on va à la laverie, avec notre linge sale, et lorsqu’on arrive on trouve toutes les machines occupées. Ou pire, on revient deux heures plus tard pour découvrir que la machine s’est arrêtée depuis longtemps et que son linge attend, froissé, dans le tambour.

C’est cette situation, partagé par les autres étudiants, que le groupe 81 du projet PRONTO a décidé d’essayer de résoudre, avec une contrainte forte posée dès le départ : n’apporter aucune modification permanente aux machines.

Notre solution

L’idée est simple : équiper chaque machine d’un petit boîtier connecté capable de détecter si elle tourne ou non, quel programme a été lancé, et combien de temps il reste — le tout accessible depuis son téléphone ou son ordinateur, sans avoir à bouger de sa chambre.

Pour y arriver, on a combiné deux types de capteurs. Le premier détecte les vibrations de la machine : quand le tambour tourne, ça vibre. Le second lit la position de la molette de sélection grâce à un aimant glissé dans un petit cache imprimé en 3D, qui s’emboîte sur la molette sans la modifier. Un magnétomètre placé juste au-dessus mesure le champ magnétique de l’aimant et en déduit le programme choisi.

Comment on a fait

Un boîtier et une arche

Tout le système est contenu dans deux pièces fabriquées au FabLab du campus, imprimées en 3D en PLA blanc. La première est un boîtier rectangulaire fixé sur le côté de la machine, qui abrite l’électronique. La seconde est une arche en U positionnée au-dessus de la molette, qui maintient le magnétomètre en place.

Détecter si la machine tourne

Le capteur de vibrations est glissé à l’intérieur du boîtier, bien plaqué contre le flanc de la machine. Quand le tambour est en marche, les vibrations se transmettent à travers la paroi et le capteur les enregistre.

Photo vue du dessus du capteur de vibration dans le boitier sur le flanc de la machine

Savoir quel programme a été choisi

Comme on ne pouvait pas toucher à l’électronique interne de la machine, on a observé ce qui était accessible depuis l’extérieur : la molette. Elle tourne d’un cran à chaque programme, et chaque cran représente exactement le même angle. En fixant un petit aimant dans un cache qui s’emboîte par-dessus la molette originale, l’aimant tourne avec elle. Le magnétomètre, positionné juste au-dessus dans l’arche, mesure en permanence la direction du champ magnétique de cet aimant et en déduit l’angle de la molette, donc le programme sélectionné.

Quand l’utilisateur appuie sur la molette pour confirmer son choix, l’aimant s’éloigne légèrement du capteur grâce à un petit mécanisme à ressort intégré dans le cache. Cette chute du signal magnétique est immédiatement détectée, c’est comme ça que le système sait que le programme a bien été validé.

Photo du capteur de vibration et de la molette avec l’aimant intégré

Le cerveau du système : l’ESP32

Tous ces capteurs sont branchés à un microcontrôleur ESP32, une petite carte électronique pas plus grande qu’une carte de crédit, qui fait le lien entre les capteurs et internet. C’est lui qui analyse les données, décide si la machine est libre ou occupée, calcule le temps restant, et envoie tout ça vers une Raspberry Pi ou un ordinateur, pour les tests, grâce à BLE. Le serveur reçoit ainsi les infos pour mettre à jour le site via le Wi-Fi du campus depuis la Raspberry Pi.

Photo du montage global relié à un ordinateur

Le site web

Les informations remontent en temps réel vers cleanmt.fr. D’un coup d’œil, on voit quelles machines sont libres, lesquelles tournent, et combien de temps il reste. Une notification est envoyée dès que le cycle se termine pour récupérer son linge avant que celui ci ne gène les autres utilisateurs.

Image de la page principal du site internet

 

Le site propose aussi quelques extras : signaler du linge oublié, remonter une panne à la maintenance, ou consulter l’historique des créneaux les moins chargés pour mieux planifier ses lessives.

Et maintenant ?

Clean’MT est aujourd’hui un prototype qui fonctionne, conçu en quelques mois par quatre étudiants avec moins de 40 € de matériel. Mais surtout, c’est une solution concrète à un problème que vivent des centaines de personnes chaque semaine. L’ambition est d’aller plus loin : déployer le système sur toutes les machines de la laverie et pérenniser le service via une association étudiante, pour que le projet survive bien au-delà de cette année. Parce qu’une bonne idée ne devrait pas s’arrêter à la soutenance.

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